L'Opération Berges Saines

D’abord, sensibiliser les riverains
OPÉRATION BERGES SAINES

C’est en constatant la dégradation de leurs berges et plus encore celle du « savoir-vivre » de certains de nos concitoyens que plusieurs maires riverains, adhérents de l’association, ont souhaité que l’association prenne cette initiative. L’idée était simple : il s’agissait de demander aux riverains de prendre, au jour J, leur courage à deux mains, de chausser des bottes, de mettre des gants, de s’armer d’un grand sac et de descendre sur leur berge pour y ramasser, trier et évacuer tous les déchets que des inconscients y avaient abandonnés tout au cours de l’année. 

Il était, en effet, de plus en plus évident que le « savoir-vivre » et surtout le « savoir-vivre-ensemble » ainsi que le respect de la nature, des autres (et même de soi-même) commençaient sérieusement à disparaitre et que ceux qu’on qualifiait sur les bords du fleuve et de ses affluents de « goujats », de « malotrus » ou de « gougnafiers » transformaient souvent nos rives en dépôts d’ordures improvisés et en décharges sauvages, abandonnant sans le moindre scrupule sur ces lieux pourtant immortalisés par nos plus grands peintres et qu’on retrouve dans les plus grands musées du monde tout ce qui les encombrait, de vieilles carcasses de voiture à des appareils électroménagers rouillés, en passant par des matelas, des parpaings ou des bouteilles de plastique.

Cette « délinquance au quotidien » s’était considérablement aggravée au fil des années alors pourtant que les communes riveraines organisaient des déchetteries publiques faciles d’accès et que des lois, des décrets, des arrêtés et des règlements prévoyaient tout un lot de sanctions pour ceux qui abandonnaient des déchets sur la voie publique.

Très rapidement, cette opération « Berges Saines », relayée avec enthousiasme par de très nombreux maires riverains, remporta un immense succès auprès d’un très large public où se mêlaient jeunes et moins jeunes (parfois beaucoup moins jeunes), hommes, femmes et enfants, de tous les milieux, habitants des grandes villes ou des plus modestes villages. Aujourd’hui, au jour J, des dizaines de milliers de riverains, dans des dizaines de communes, sur des centaines de kilomètres de berges, ramassent, trient et évacuent des dizaines de tonnes d’ordures les plus diverses et rendent à leurs berges leur beauté d’antan.

Pour les uns, il s’agit d’oeuvrer pour la planète en s’attaquant à toutes les formes de pollution et en protégeant « l’eau, source de vie, plus beau des trésors que nous a offerts la nature » ». Pour d’autres, il est impératif que les riverains se réapproprient leur berge, « ultime oasis de fraîcheur et de nature au milieu d’un univers de tours, de barres, de béton et d’échangeurs » afin que chacun puisse aussi retrouver un lieu de convivialité. Pour d’autres encore, la Seine et ses affluents faisant partie des « merveilles du monde » (comme l’a souligné l’UNESCO) il appartient, évidemment, aux riverains de sauver, de sauvegarder, de protéger et d’entretenir ces paysages qui leur ont été confiés et que nous envie le monde entier.

« Berges Saines » est une double chance qui leur a été offerte. D’abord, celle de pouvoir enfin « faire quelque chose soi-même, par soi-même et pour soi-même » pour une grande cause dont on parle souvent mais qui reste généralement bien abstraite, voire très lointaine. Ensuite, parce que cette journée « écocitoyenne » est aussi « festive » et permet à tous, en « travaillant » ensemble, de se rencontrer, de se connaitre et même de s’apprécier dans un monde où, bien souvent, on connait infiniment mieux les présentateurs des journaux télévisés que ses propres voisins.

Les documents Berges Saines